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Confronter à l'aube du xxie siècle la théorie psychanalytique avec de nouveaux modes de pensée est légitime et nécessaire. La nouveauté est toujours violence de nos routines. De ce fait, j'ai du mal à mesurer si ce rapport nous propose une complexification heureuse de nos précédents modèles théoriques, ou s'il contient une rupture, s'il est le germe d'une nouvelle topique, d'un nouveau vertex. Pour suivre les rapporteurs dans leur curiosité pour les sciences, on pourrait poser le problème en termes d'échelles. A l'échelle de notre vie de tous les jours, la physique quantique n'invalide pas la description de la physique classique qui reste une approximation adéquate. La pomme newtonienne tombe toujours de l'arbre. Mais il arrive que notre univers nous permette de vivre très concrètement, à notre échelle, des conséquences des progrès de la physique: la merveilleuse pureté du son que nous devons aux lasers de nos lecteurs de disques… ou l'horreur des effets d'une irradiation atomique. Il nous faut donc travailler l'articulation de ces nouveaux modes de pensée avec les anciens, préciser les englobements, lorsque l'un des modes apparaît comme une approximation de l'autre et les incompatibilités, où la juxtaposition est fausse et source de contradictoire.
J'aime bien les pulsions. Je serais très triste que nous les perdions: elles me manqueraient! Et je trouve que beaucoup d'évolutions théoriques glissent insidieusement vers une remise en cause de cet acquis freudien essentiel. Ainsi que devient-il lorsque Bion propose ses trois vertex: amour, haine et connaissance? Nous cherchons une troisième topique, mais sera-t-elle une troisième théorie des pulsions? Je serais heureux que les rapporteurs nous disent si leur travail modifie leurs représentations et leur usage des pulsions.