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Sylvie Faure-Pragier et Georges Pragier, dans leur rapport au Congrès de Madrid, nous ont offert de nouvelles métaphores pour figurer le mouvement créatif qui est au cœur de notre travail d'analyste. Ils ont ainsi mis en évidence l'importance du temps d'incertitude qui précède en général l'émergence d'une création, et avec lequel en analyse nous sommes sans cesse confrontés.
C'est dès la première minute de l'analyse, qu'en tant qu'analyste, nous acceptons délibérément l'incertitude: nous savons que si le processus analytique se déploie, l'analysant deviendra de plus en plus lui-même, mais nous ne savons pas d'avance quel sera ce «lui-même», C'est d'ailleurs cela qui nous passionne: découvrir avec l'analysant son originalité en puissance. Nous retrouvons également l'incertitude à chaque séance: quel sens va prendre en nous le matériel apporté par le patient, combiné aux multiples associations et références théoriques qu'il a suscité en nous?
Cette incertitude risquerait fort de se transformer en doute et en angoisse si nous ne la reconnaissions pas comme un temps indispensable à la création: en effet à travers l'incertitude concernant la «forme» sous laquelle va surgir le nouveau, le doute peut s'insinuer: y aura-t-il vraiment du nouveau? à partir des mots une pensée va-t-elle naître? à partir des souvenirs une histoire va-t-elle se constituer? L'interprétation prendra-t-elle forme en nous?
La difficulté de tolérer un temps d'incertitude, et le doute envers l'émergence d'une structure nouvelle peuvent amener des patients à demander une analyse. C'est le cas par exemple des analysants qui vivent ou revivent une période de leur