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L'effet papillon s'avère être une métaphore très pertinente pour comprendre comment va cristalliser une organisation psychique, en passant ou non par une phase de désordre.
Dans le cadre des modèles de chaos déterministes, nos rapporteurs ont bien démontré et illustré l'effet de l'aléatoire, du «bruit», sur l'auto-organisation.
Je voudrais revenir ici sur l'effet papillon: une aile de papillon qui s'agite à Tokyo peut créer une tornade à Paris en toute imprévisibilité.
Cette métaphore est à envisager:
— au sens restreint (météorologique au départ);
— au sens large de remise en cause de l'ordre physique;
— enfin, dans son détournement psychanalytique, au désordre/ordre induit par l'événement aléatoire; plus spécialement ici, l'aléatoire du mot.
1 / Au sens restreint (Lorenz) l'effet papillon illustre comment un phénomène local aléatoire détermine une évolution générale chaotique, c'est-à-dire non prévisible.
Le chaos réside dans cette évolution imprévisible; il n'est pas dans l'indétermination des effets: les courbes et les attracteurs, si «étranges» soient-ils, sont rigoureusement mathématiques (c'est-à-dire calculables). Il n'est pas non plus dans l'état des phases induites immédiatement dans la zone d'instabilité; par exemple, à — 5 °C, l'eau peut être à l'état liquide (surfusion), ou à l'état cristallisé; un papillon (dans la pratique, plutôt le vol d'un supersonique dans la haute atmosphère) peut alors précipiter l'évolution de l'état de surfusion vers la phase cristalline qui se propage de proche en proche: ce n'est pas le chaos structural, mais au contraire l'ordre rétabli (l'eau est «normalement» à l'état solide en dessous de 0 °C).