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Le très stimulant travail des Pragier apporte de nouvelles possibilités dans la compréhension de l'itinéraire de Freud vers sa découverte et ses remaniements théoriques successifs. De plus, ce rapport ouvre des directions de recherche originales autant qu'indispensables pour la psychanalyse de demain.
Aussi, si nos félicitations devaient s'accompagner d'une critique, ce serait celle d'avoir péché par excès de modestie en ne donnant pas aux théories nouvelles qu'ils présentent toute la portée qu'elles autorisent.
Sylvie et Georges Pragier, dès le titre de leur beau rapport, vont se limiter à tracer de nouvelles métaphores. Or, la métaphore est un moyen de figuration, de traduction tandis que la théorie de l'auto-organisation par les bruits va bien au-delà d'une production de métaphore: elle permet d'affiner la discussion sur ce qui s'observe au niveau de la clinique et génère de nouveaux modèles de compréhension, ainsi que l'un de nous l'a illustré dès 1985 dans un article paru dans la Revue française de Psychanalyse1.
Il s'agit tout d'abord du problème général des rapports de la psychanalyse au corpus des sciences et à la théorie de la connaissance. Le danger majeur pour la psychanalyse est de s'autoréférencier et de ne pas se justifier aux yeux des autres sciences qui ne peuvent alors la questionner.
Dans cette perspective on peut comprendre l'effort de Freud pour construire une métapsychologie, afin qu'elle serve de cadre conceptuel à sa théorie de la pratique et la maintienne sous tension. Le rapport des Pragier nous semble indiquer que cette opération est à renouveler aujourd'hui pour la psychanalyse, en l'harmonisant avec le cadre plus général de la théorie des connaissances.