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La lecture du rapport de G. Pragier et S. Pragier-Faure impose une question: comment une métaphore assume-t-elle un report entre savoirs? Il me semble qu'elle doit aboutir à rendre évidents des phénomènes qui paraissaient inexpliqués ou discordants; ou bien délier ceux qui étaient pris en masse. Ne doit-elle pas créer son objet en même temps qu'elle le décrit? Les Sciences naturelles (référence de Freud dans l'Esquisse) permettent, dans ce sens, des métaphores se rapportant, en particulier, à l'auto-érotisme et à ses avatars.
Non datable, l'auto-érotisme constitue des moments réitérés, surgissements multiples, effervescences inachevées, cuisine de sorcier. C'est un plaisir d'organe, pris «sur place», morcelé. La sexualité se détache de tout objet naturel, se livre au fantasme. L'auto-érotisme ne se distingue pas aisément du narcissisme. Green l'a noté en remarquant que l'importance des avatars de l'auto-érotisme reste bien négligée1.
Freud avait laissé, entre autres, les indications suivantes:
«Il n'existe pas, dès le début, dans l'individu, une unité comparable au moi (…) Mais les pulsions érotiques existent dès l'origine. Quelque chose, une nouvelle action psychique, doit s'ajouter à l'auto-érotisme pour donner forme au narcissisme.»2
En fait, les avatars et effets après coup de l'auto-érotisme délimitent un champ très vaste. En amont, celui de la fusion; en aval, celui du narcissisme. Quant à la «force» interrogée par Freud, elle semble liée à un danger.