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Si les auteurs de ce Rapport original ont pris pour but dans leur travail de créer à l'intérieur de nous un véritable «bruit» qui suscite le surgissement de notre propre pensée au lieu que nous nous contentions d'ajouter à notre savoir un élément supplémentaire, qui n'est parfois que la reduplication de ce que l'on connaît déjà, ce but est atteint. En effet, l'effort impressionnant que suppose le pont qu'ils établissent entre des modèles scientifiques issus des autres disciplines que celle à partir de laquelle surgit notre théorisation et la psychanalyse, ne peut que nous donner l'exemple de ce qu'implique tout acte de penser: le courage de se tourner vers l'inconnu. Les hens n'existent qu'à ce prix. La courte réponse que je propose aux auteurs se veut donc être l'illustration de ce qu'ils ont touché en moi, et si ma réflexion ne peut ici qu'examiner les traces de leur démarche, mon intérêt pour l'avenir s'attache cependant à les suivre.
Le désordre est nécessaire. C'est une des leçons de ce Rapport. En touchant à la construction de la pensée psychanalytique en ses débuts, les auteurs abordent le problème de la construction de toute pensée. C'est ce que je souhaite développer en premier lieu. En ce sens, si le Rapport analyse comment les nouvelles métaphores sont en place dans la théorisation freudienne, il nous laisse concevoir comment nous pourrions en retour utiliser ces nouvelles métaphores afin d'élaborer de nouveaux concepts ou approfondir nos connaissances, à la manière dont Freud a utilisé la théorie scientifique dont il a disposé en son temps, celle des neurones. J'aimerais resituer le problème, si justement souligné par les auteurs, de l'introduction d'un élément nouveau dans la vie psychique, au cœur du fonctionnement mental infantile. Le bébé vit au centre d'un certain nombre de points de repère qu'il a appris à se constituer. Ces points de repère sont à la charnière entre le cadre de son monde interne et le monde externe. Ils doivent demeurer fixes ou in