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La vertu première du rapport de Sylvie et Georges Pragier tient dans l'ouverture et le trouble qu'il a provoqués pendant le Congrès. Lors de mon intervention orale je me suis questionné sur la compatibilité entre le terme auto-, composant de l'auto-organisation, et la notion d'ouverture. J'ai prétendu que le terme auto-organisation est difficilement métaphorisable pour pouvoir lui attribuer justement l'indétermination voire l' «incertitude» voulue par les auteurs du rapport.
Il est vrai qu'une des raisons de mes remarques, à part mon «entêtement» étymologique sur le terme auto-, a été motivée par la lecture de l'article de H. Atlan «L'émergence du nouveau et du sens» (Colloque de Cerisy, 1981)3, article qui m'a fait penser, entre autres, à l'entropie et au principe thermodynamique de Carnot (Freud parle aussi dans L'Homme aux loups, Cinq psychanalyses, PUF, 1954, p. 415).
H. Atlan attribue les systèmes d'auto-organisation aux atomes électrons, aux molécules, aux macro-molécules; ensuite aux premières organisations cellulaires du vivant et finalement, au système immunitaire: «Le soi moléculaire et cellulaire du système immunitaire peut nous en fournir un exemple ou encore le soi des programmes d'ordinateurs qui seraient capables de se programmer eux-mêmes» (Freud parle aussi dans L'Homme aux loups, Cinq psychanalyses, PUF, 1954, p. 129).
Nous voyons que jusqu'ici il n'y a pas d'analogie, même métaphorique, avec l'appareil psychique voire avec le représentant psychique de la pulsion.
Ainsi le problème se pose de la façon suivante: y a-t-il une partie ou un temps dans l'évolution psychosexuelle du sujet où l'auto-organisation se fait ou s'impose tout en laissant une ouverture pour la partie et le temps qui suivent?