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La lecture du remarquable rapport de Sylvie et Georges Pragier m'a inspiré une réflexion sur les limites: limites externes, d'une part, pour situer la psychanalyse vis-à-vis d'autres formes d'approche de la vie psychique et de la place qui lui est parfois assignée dans certains développements récents de l'épistémologie; limites internes, d'autre part, pour nous interroger sur le cadre, les métaphores qui le sous-tendent et corollairement son rôle en tant que métaphore.
Actuellement, en effet, certains transposent directement au psychisme de récentes découvertes scientifiques en tentant de faire l'économie de la métaphore. C'est à la fois le cas pour toutes les thérapies «nouvelles» et certaines extrapolations des neurosciences. Ces méthodes ne posent pas de problèmes majeurs: elles doivent une bonne part de leur diffusion, et sans doute aussi de leur effet, à une utilisation non seulement métaphorique mais aussi quelque peu magique de la nouveauté et de la science et, de ce fait, elles ne sont pas spontanément destinées à perdurer.
D'autres critiques, adressées à la psychanalyse, au nom de l'épistémologie, méritent une réponse plus élaborée. Dans ces cas, les concepts ne sont pas appliqués dans leur domaine de validité et nous-mêmes n'avons-nous pas toujours conscience qu'à nos métaphores habituelles sont opposées d'autres métaphores.
L'exemple le plus éclairant est l'utilisation qui a été faite du théorème de Godel. Selon certains de nos détracteurs, ce théorème ferait de la psychanalyse une «métaphysique» et non une «science». Or, en 1931, Godel démontre qu'on ne peut établir la non-contradiction de l'arithmétique à partir des règles de l'arithmétique elle-même. C'est ce que les logiciens appellent la «crise godélienne». Par extension, comme l'écrit J. Ladrière1, on peut dire que:
«Le théorème de Godel s'applique à tout système formel… qui est non contradictoire (c'est-à-dire dans lequel il est impossible de dériver à la fois une proposition