You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L'interrogation de S. et G. Pragier sur les utilisations possibles en psychanalyse des nouvelles métaphores venues des sciences a, entre autres fécondités, celle de susciter un retour évaluatif et critique sur les métaphores devenues habituelles dans le langage de la psychanalyse. Par là se profile une perspective de recherche des plus stimulantes et des plus opportunes.
Il ne s'agit pas seulement du repérage de leur naissance historique, de leur développement et éventuellement de leur mort, mais surtout de leur statut et de leurs fonctions. La manière dont un modèle est déplacé pour être utilisé comme métaphore, transformé, remanié pour créer d'autres modèles, laissé et repris d'un auteur à un autre, révèle quelque chose de la nature de l'objet de connaissance dont il s'agit. Il apparaît que, dérivées de tel ou tel domaine de la connaissance, ces métaphores sont au service de plusieurs points de vue épistémologiques complémentaires que révèlent leur ambiguïté et les variations parfois contradictoires des significations qu'elles condensent et du sens qu'elles véhiculent.
Parmi les notions qui peuvent ainsi être suivies à la trace dans le développement hétérogène de la psychanalyse postfreudienne, celle de symbiose me paraît exemplaire. Ce modèle de biologie végétale, non freudien mais comme de nombreux concepts freudiens venu des sciences naturelles, a été utilisé métaphoriquement dans des dimensions diverses selon la facette privilégiée.
Or, dans son livre La psychiatrie devant la qualité de l'homme, R. Angelergues, revenant sur son itinéraire de la neuropsychologie à la psychiatrie aux confins de la psychanalyse, en vient à donner une nouvelle actualité à la notion de symbiose définie comme association durable et réciproquement profitable entre deux ou plusieurs êtres vivants. Il en fait un modèle fondamental, parlant de jeu, d'accord, de fonctionnement, de travail, de processus symbiotiques. Prenant acte de l'éclatement contemporain de la biologie, et de l'existence