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Oui, Freud a beaucoup emprunté, en les altérant quelque peu dans le sens analogique, aux modèles classiques scientifiques, essentiellement biologiques. Et Sylvie et Georges Pragier ont parfaitement raison de soutenir que cet étayage métaphorique et ses dérivés ont alimenté, moyennant des infidélités et certains décalages opportuns et décisifs, l'invention et la mise en théorie de la psychanalyse.
Leur clair et élégant rapport, tissé de clinique analytique et d'érudition scientifique, interroge l'usage que la psychanalyse peut continuer à faire des modèles de plus en plus élaborés des sciences précises d'aujourd'hui, plus sensibles que naguère aux problématiques d'incertitude, de limite, de mise en abîme ou d'émergence, c'est-à-dire de prise en compte et d'évaluation de l'inconnu.
Nos auteurs mettent au travail, par une sorte de «simulation» disent-ils heureusement, ces divers modèles au sein de la pensée et de la clinique psychanalytiques. Et s'ils leur trouvent la plupart du temps une application potentielle heureuse, ils concluent néanmoins à peu près, à partir de discussions et d'exemples bien conduits, que leurs apports, y compris les plus affinés et les plus convaincants, sont sans doute nécessaires au fonctionnement et à l'animation d'une pensée analytique qui a besoin d'interactions avec son environnement culturel pour échapper au danger tautologique de la langue de bois. Mais qu'ils ne résolvent pas tant les questions que cette pensée se pose qu'ils ne l'incitent à s'en poser d'autres dans son propre champ, source, peut-être, de nouveautés pour la psychanalyse en quête d'une représentation analogique, appropriable par elle, à travers les déplacements métaphoriques, de sa propre capacité novatrice.
Comment ne souscrirais-je pas à de telles vues, bien dites, si profondément articulées dans l'expérience praticienne et illustrées par des reprises (elles, en effet, tout à fait nouvelles) de certains textes freudiens et de constantes références au