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Sylvie et Georges Pragier, dans leur remarquable travail, apportent pour les recherches à venir des psychanalystes de nouvelles métaphores scientifiques, toutes prêtes à être employées. Ils nous incitent ainsi à réfléchir aux rôles de telles métaphores dans l'œuvre de Freud. Pourquoi celui-ci recourt-il à une métaphore au lieu de s'exprimer directement? Quelle incidence le type de métaphore retenu (scientifique, militaire, économique, juridique…) a-t-il sur la pensée exprimée?
Nous avons l'habitude, pour nous protéger d'une confusion toujours possible entre le surmoi et la conscience morale, d'envisager cette dernière comme une «fonction du surmoi», Nous suivons en cela Freud qui écrit, dans La décomposition de la personnalité psychique, à propos du surmoi, que «la conscience est une de ses fonctions, et l'auto-observation, condition préalable indispensable à l'activité judiciaire de la conscience en est une autre» (Freud, 1933, p. 84).
Cette phrase contient, à peine indiquées, deux métaphores: l'une, politique, «la conscience a une activité judiciaire», compare l'appareil psychique à un état; l'autre, scientifique, «le surmoi a des fonctions», compare le surmoi à un organe corporel, comme le foie ou le pancréas, que l'anatomie individualise, mais à qui la physiologie attribue des fonctions différentes les unes des autres.
Cette présentation par Freud de la conscience morale comme une fonction du surmoi est tardive, au sein d'une synthèse de ses deux conceptions successives de l'appareil psychique. Elle conclut une réflexion commencée vingt ans plus tôt, dans Pour introduire le narcissisme (Freud, 1914). Dans ce texte, il définit la conscience morale comme l'instance qui mesure la distance du moi à son idéal. Le statut topique de cette instance l'embarrasse: «Sous cette censure, nous ne nous représentons pourtant