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Nous devons, sans aucun doute, féliciter et remercier Pedro Guillem, José Antonio Loren et Eduardo Orozco d'avoir eu le courage de présenter un rapport aussi circonstancié et aussi prudent sur un sujet fort délicat et essentiel à la fois, touchant à l'approche du narcissisme, et en particulier dans sa continuité et dans son articulation avec l'auto-érotisme. Les nombreux auteurs cités qui se sont intéressés à ces deux concepts ne sont jamais parvenus à nous convaincre tout à fait, ni même à se trouver eux-mêmes très satisfaits de leurs explications; en effet ils partaient seulement des textes freudiens qui constituaient nos références courantes avant 1983.
Dans un développement tout à fait clair et très pertinent, Pedro Guillem, José Antonio Loren et Eduardo Orozco ont su mettre en évidence les questions, les contradictions, les impasses, les hypothèses et les espoirs rencontrés dans un grand nombre des écrits publiés au cours des décennies passées. C'est au sujet de ces questions, de ces contradictions et de ces hypothèses que j'aimerais interroger les rapporteurs.
Certains questionnements, en effet, n'ont peut-être pas pu être pris en compte. Les rapporteurs s'en sont, par avance, excusés dans les dernières lignes de leur texte; mais, curieusement, ils placent Freud dans la même parenthèse que les auteurs avec lesquels ils nous disent n'avoir pas pu établir un dialogue suffisant.
L'étude attentive et critique des concepts de « narcissisme » et d'« auto-érotisme » nous oblige à remettre en question nombre de nos apparentes certitudes au registre topique (s'agit-il, déjà, à ces niveaux précoces, d'un « Moi » au sens plénier du terme?) au registre dynamique (s'agit-il, déjà, d'une pulsion d'ordre vraiment sexuel?) et, enfin, au registre économique (à quelle problématique véritable appartient le premier conflit?).
Le propos le plus souvent tenu par les psychanalystes qui traitent du narcissisme et de l'auto-érotisme s'appuie sur le postulat (considéré comme un dogme