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Le riche et intéressant rapport de P. Guillem, J. A. Loren et E. Orozco sur le rôle du narcissisme dans la structuration et déstructuration psychique m'a conduit à repenser certains de ces aspects tels qu'ils se manifestent dans le déroulement de la cure.
Dans la littérature psychanalytique actuelle, il est fréquemment postulé l'existence d'un transfert narcissique comme une des formes ou types de transfert. De mon point de vue, il existerait toujours, dans des proportions variables, un double transfert, névrotique et narcissique, dans chaque processus analytique. Chaque transfert, même ceux développés par des analysants au fonctionnement névrotique hautement structuré, ont un élément narcissique; l'inverse est également vrai. Quelque primitive que soit l'organisation psychique, il existe toujours des éléments œdipiens. Il est vrai que l'élément narcissique peut être dans un cas, pratiquement négligeable et dans l'autre, l'élément œdipien est si faible qu'il n'a pas vraiment une signification.
Comme le souligne Loewald (1986), le transfert narcissique est particulièrement démonstratif si on le considère dans le cadre de l'évolution transfert/contre-transfert. Les analysants présentant des problèmes d'objet archaïque et des difficultés de différenciation sujet-objet soulèvent des phénomènes contre-transférentiels manifestes. Ces phénomènes sont très souvent difficilement reconnus et maîtrisés. Le « transfert narcissique précoce » de ces patients est habituellement intimement mêlé au transfert œdipien et souvent recouvert par lui.
Les troubles dans les différenciations sujet-objet mettent à l'épreuve la solidité de l'organisation de l'analyste comme individu séparé. Des difficultés extrêmes se