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Le narcissisme est un sujet si fondamental qu'il est difficile d'être bref lorsque l'on veut, comme je le souhaite, répondre à nos amis Espagnols sur un point dont l'importance m'a paru mériter d'être soulignée, car il sous tend, me semble-t-il, la mobilisation de cette charnière qui ferait passer d'un « narcissisme de vie » à un « narcissisme de mort ». Je ne fais pas ici pourtant directement référence à la pensée d'A. Green dont il m'a paru qu'elle se situait à un niveau de réflexion essentielle afin de comprendre ce qui lance ou non le sujet vers ses relations objectales et donc vers ses processus identificatoires. Je me situe davantage à un niveau où, comme le disent les auteurs, le narcissisme est assimilé à un « ciment » permettant au self de conserver sa « cohérence ». Il est en ce sens synonyme de lien et nous comprenons pourquoi les auteurs en font un « investissement pulsionnel du Soi ». Cependant, si nous considérons que la pensée de Bion mérite de ne pas tomber dans l'oubli, nous lui serons reconnaissants d'avoir abordé dans sa conception d'une « grille négative » le domaine à partir duquel surgit cette puissance mystérieuse dont le « narcissisme de mort » serait un dérivé, et qui grève d'un poids plus ou moins lourd ce que contient de dépressif toute relation objectale.
C'est dans cette ligne de pensée qu'il ne m'est pas possible d'adhérer au parallèle que les auteurs font entre auto-érotisme et position schizo-paranoïde d'une part, narcissisme et position dépressive d'autre part. Je ne m'attarderai pas sur ce point sinon pour signaler que le clivage interne-externe qu'ils mettent en évidence se double d'un clivage des qualités du self et de l'objet aussi bien dans le monde externe que dans le monde interne et que, par conséquent, la position schizo-paranoïde participe autant du monde auto-érotique que du monde narcissique au sens où les auteurs l'entendent. Je n'ai pas non plus reconnu dans la description qu'en font les auteurs la position dépressive da