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Bien que le narcissisme reste un sujet complexe, qui ne saurait être réduit à une seule explication, position que j'avais adoptée dans ma communication prépubliée, il m'a fallu pour cette intervention faire un choix et décider, face à la richesse et à la pluralité des remarquables théories dont nous disposons maintenant, de celle que j'allais développer dans la suite de ma contribution à ce Congrès. J'aurais par exemple aimé discuter de l'important travail d'André Green qui a ravivé le concept de pulsion de mort d'une manière nouvelle et utile sur le plan clinique. Cette reprise du lien que Freud1 avait établi entre le narcissisme et l'agressivité d'une part, et le destin des investissements libidinaux d'objet d'autre part, a des implications théoriques et cliniques que nous commençons seulement à entrevoir. Néanmoins, après mûre réflexion, ce sont les travaux de Heinz Kohut qu'il m'a semblé opportun de commenter, même si bien entendu je ne peux le faire que de manière sommaire. Il faut dire que j'exerce à Chicago, que Kohut a été mon contrôleur pendant quatre ans et que je l'ai connu pendant de nombreuses années.
Je dirai d'abord que je n'ai jamais rencontré de clinicien aussi doué que lui. Sa sensibilité pour le sens des communications du patient dans le processus psychanalytique n'avait pas d'égale. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que ce soient ses travaux sur la méthode psychanalytique qui constituent sa contribution la plus importante à la psychanalyse. C'était un maître de l'emploi de la construction dans le processus de la cure, cet aspect de la méthode psychanalytique que Phyllis Greenacre2 jugeait trop peu développé, ce qui est également