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Les deux thèmes de ce Congrès nous mènent de l'archaïque au nouveau. On peut les relier en utilisant la formule de Guillaume Apollinaire: « Invention et tradition », principes que le poète s'efforçait de conjuguer dans son travail sur le langage.
Quelques réflexions m'ont été suggérées par les deux rapports de ce Congrès, celui de Sylvie Faure-Pragier et Georges Pragier: « Un siècle après l'esquisse: nouvelles métaphores? métaphores du nouveau » et celui de Pedro Guillem, José Antonio Loren et Eduardo Orozco: « Le narcissisme dans les processus de structuration et de déstructuration psychiques. » Elles concernent d'une part les problèmes du nouveau et de l'auto-organisation, d'autre part la question du narcissisme chez les sujets créateurs.
Le nouveau fait traumatisme dès le début de la vie, depuis le traumatisme de la naissance et, un peu plus tard, l'angoisse de l'étranger dont Claude Le Guen a fait le prototype de l' « Œdipe ». Ces moments sont indispensables puisque l' « objet naît dans la haine », sinon le sujet s'enliserait dans la psychose.
On connaît la lutte des groupes contre le nouveau que Bion a illustrée dans ses travaux. On sait combien les novateurs, que ce soit sur le plan social, sur le plan scientifique ou dans l'art, sont rejetés au départ. Il faut des années pour que les idées neuves soient acceptées. Souvenons-nous, par exemple, de Freud et de Pasteur. Les sujets qui font des découvertes ou apportent des théories nouvelles dans les sciences ou des formes originales dans les arts ont un moi qui a des qualités particulières. Marion Milner, Anton Ehrenzweig et, en France, Pierre Luquet ont étudié les capacités spécifiques du moi de l'artiste, à la fois fort et souple, pouvant régresser et progresser à volonté1.