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La psychothérapie peut-elle être psychanalytique?
Entraîner une discussion d'ensemble sur la question des rapports entre psychothérapie et psychanalyse résultait pour nous d'un pari et d'une nécessité.
Un pari, d'abord, parce que la dernière discussion d'ensemble sur cette question remontait à 1963 avec le rapport de René Held où la distinction entre les psychothérapies d'inspiration psychanalytique et les psychothérapies non psychanalytiques aboutissait seulement à considérer comme « psychanalytiques » les psychothérapies effectuées par les psychanalystes.
Que penser d'un aussi long silence? Question close? Et pourquoi alors la reposer? Malaise profond dans la pratique? Et notre démarche ne risquaitelle pas d'être taxée de « sauvage », à essayer de vouloir lever ainsi un refoulement, voire de réduire un clivage somme toute réussi, dont les effets peuvent se mesurer par exemple dans certaines conceptions qui isoleraient complètement les exigences et l'Idéal de l'Analyse de formation, et la pratique analytique commune?
Une nécessité, ensuite, parce que, en près de trente ans, bien des choses se sont passées dans le domaine des conceptions théoriques et sur les territoires où interviennent les psychanalystes: il est de plus en plus souvent proposé aux patients psychotiques de s'engager dans une psychothérapie; les traitements conjoints mère/enfant et les traitements de patients somatiques ont fait leur apparition. La liste n'est pas exhaustive1. Il ne s'agit pas, à notre sens, d'une simple offre de service créatrice de demande, mais au contraire du constat que l'élaboration de la métapsychologie de Freud, sans cesse remise au travail et développée, permet de proposer un approfondissement d'une théorie de la technique qui, en restant strictement freudienne, permet justement des applications