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Malgré l'imminence d'une mort annoncée, le processus psychothérapeutique engagé avec des malades cancéreux s'avère être plus de l'ordre d'une réanimation psychique que d'un accompagnement. Les difficultés contre-transférentielles liées à l'impact traumatique que fait naître chez l'analyste l'état somatique, la renonciation à l'idée d'une guérison et la dépression essentielle de ces patients se manifestent par un emballement du préconscient, une contrainte à penser qu'il est nécessaire de juguler, afin de permettre la possibilité d'une reprise chez ces malades de processus défensifs, tel que « l'identification à l'agresseur » dont la reconnaissance peut entraîner un certain arrêt de la désorganisation psychique dans laquelle ils sont plongés. Grâce à la mobilisation libidinale massive qui peut se lier au traitement, un réinvestissement corporel peut se faire jour chez ces patients. Il s'agit cependant d'une évolution paradoxale, car si ce réinvestissement permet un dépistage plus précoce de l'évolution de la maladie, il peut aussi faire en sorte que la douleur advienne dans ce nouveau ressenti et, qu'ainsi la guérison psychique passe par la souffrance physique. Néanmoins la reconstitution et la reprise de vitalité du fonctionnement mental dans le cadre du processus thérapeutique engagé, peut donner naissance à des moments de vie d'une qualité et d'une authenticité non négligeables.