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Lire Pontalis. Lentement. Espérer retrouver le rythme de sa voix, sa couleur. Celle tant aimée de L'amour des commencements1 où il se racontait avec une telle pudeur, une telle vérité. Jusqu'à cette image de lui, au bout du fil, relié à la voix de sa mère, dans la lumière de fin du jour.
Ici, point d'unité et l'on pourrait le regretter. Point d'émiettement non plus: pour Maurice Merleau-Ponty, comme le dit son adresse, une série de textes regroupés en trois parties organisées de façon réfléchie: se trouver ou se perdre dans le négatif, se défendre de la croyance, s'éloigner du visible.
Pontalis parle aux cliniciens de la psychanalyse; partout, des motifs, des vignettes, des processus mis à jour: ce qui anime les «séquestrés de la croyance» ou les divers visages de la mélancolie, par exemple. Mais il parle aussi aux passionnés de l'inconscient. Et surtout à ceux des mots. Comme l'indique la grande place faite à la traduction à travers ses textes. Cet autre «métier impossible»2. Traduction que Pontalis reprend entre autres dans le travail ou dans l'atelier des rêves en regard du matériel inconscient refoulé. Plus qu'un passage d'une langue à une autre, plus qu'une compression entre les sens, il évoque ici, dans le travail de la traduction comme dans sa métaphore psychique, la violence de l'exil. De l'exil dont il dit par ailleurs, à propos de Van Gogh, «ce n'est pas la nostalgie ou la douleur du retour impossible; c'est l'aspiration vers un lieu ne figurant sur aucune carte: l'avenir du passé, à perte de vue»3.
Puis, sans que l'on sente une tentative pour vouloir exporter la psychanalyse