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Depuis ses origines, la psychanalyse s'efforce de déchiffrer les mystères du développement psychique et ceux de la souffrance humaine. En étudiant les états névrotiques et les troubles sexuels qui les accompagnent, Freud a découvert l'existence de la sexualité infantile et a placé le complexe d'Œdipe au centre du destin humain. Ce faisant, il a redécouvert l'existence de l'enfant à l'intérieur de l'homme et rétabli ainsi une continuité disparue seulement en apparence avec le développement.
Cependant, la nature et l'intensité de la souffrance psychique de l'homme sont demeurées très largement énigmatiques, comme Freud Fa souligné plusieurs fois dans son œuvre. Certes, nous savons que si l'analyse réveille les douleurs du passé, c'est avec l'espoir que le patient, en les revivant dans les conditions particulières du cadre analytique, deviendra capable de les élaborer et de s'affranchir de la fatalité de ce passé: d'en faire un facteur de croissance psychique. Mais parfois, trop souvent, la douleur est excessivement forte et peut paralyser la prise de conscience et le travail psychique. Cette douleur est-elle réductible à la théorie psychanalytique de l'angoisse? Ou bien comporte-t-elle des aspects qui lui ont échappé, auxquels il serait nécessaire de réfléchir plus avant?
L'un de nous (J. Bégoin) a émis l'idée que la théorie analytique a, en fait, porté excessivement l'accent sur l'angoisse aux dépens de la véritable souffrance psychique qui resterait masquée par les mécanismes de défense et qui serait fondamentalement la souffrance de ne pas pouvoir se développer, de ne pas parvenir à « être ». L'angoisse n'est-elle pas, dans la deuxième théorie de Freud, un signal d'alarme permettant de tenir éloignées une douleur ou une souffrance qui, sinon, deviendraient intolérables et destructrices de la psyché elle-même? Douleur et souffrance doivent-elles être distinguées, la première plus persécutrice et