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La douleur est une atteinte narcissique, elle serait due à une effraction de la limite sur une faible étendue, limite du corps ou limite du Moi. L'excitation qui la sous-tend n'est pas directement psychisable ou plus exactement représentable. Elle peut être contre-investie. Estelle alors vraiment un affect?
La douleur est souvent désorganisatrice. Sinon pulsion de mort elle-même, en tout cas sous la dépendance immédiate de celle-ci. La désorganisation est généralement due à l'absence ou à l'insuffisance d'objet encore que la douleur puisse préexister à cette absence. La douleur est confondue avec l'angoisse avant de pouvoir en être séparée. C'est la détresse passive plus que la détresse active qui véhicule la douleur et fait le lit de la dépression. La désorganisation peut aussi être due, au contraire, à un excès de présence et d'activité de l'objet, c'est le cas de la séduction, la douleur serait peut-être alors un avant-coup du traumatisme.
La douleur peut aussi être organisatrice. La souffrance en effet est aux origines de la pensée. « La nostalgie de l'enfant » a peut-être autant d'importance dans le développement du psychisme que l'avènement du signal d'angoisse. La douleur peut accéder à la symbolisation grâce à la coexcitation et à la projection, le rôle de l'intrication pulsionnelle y est essentiel.
La cure psychanalytique elle-même est nécessairement douloureuse dans la mesure où elle comporte une série de deuils à accomplir.