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Il était l'un des plus grands. La psychanalyse en France (et sans doute ailleurs) porte son empreinte, au point qu'elle se pense un peu différemment depuis 1970, lorsque parut son premier livre.
Il était l'un des plus discrets, voire des plus secrets. Il n'avait pas d'élèves mais des lecteurs attentifs; il avait surtout des collègues qui refaisaient, comme à leur insu et comme allant de soi, la découverte de ce qu'il avait révélé. C'est que l'évidente nouveauté de son approche surprit lorsqu'il la fit connaître.
C'était un sage en qui la passion de l'analyste pour la chose analytique s'alliait aux prises de distance sceptiques de l'humaniste. C'est ainsi qu'il sut protéger la fraîcheur de ses indignations institutionnelles, comme dans la vie conserver la sérénité de ses fidélités.
Je sais, pour ce qui est de moi, que je lui dois toute une part de mon essentiel; nous savons tous ici tout ce que cette Revue lui doit, tout comme d'ailleurs notre Société; tous les psychanalystes ne savent peut-être pas encore assez tout ce que la psychanalyse lui doit.
Tout cela est vrai, oh combien! Mais, plus encore et plus simplement, il me faut ici dire, à tous et surtout à ses proches, notre peine: le 3 novembre 1991 est mort Serge Viderman.
Claude Le Guen
Directeur de la REP
Dans l'un de ses prochains numéros, la Revue française de Psychanalyse commémorera l'homme et l'œuvre.