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Saint-Léger-aux-Bois, le 5 mai 1991
Mon cher Francis,
Ton coup de fil concernant mon intervention à Deauville sur ton rapport m'a fait très plaisir et beaucoup donné à penser, mais, comme souvent, l'écriture n'a pas suivi.
Ton idée d'une vectorisation instinctuelle chez l'être humain m'a fait prendre conscience du fait que la petite théorie (c'est-à-dire à usage strictement personnel pour la pratique quotidienne) construite à mes débuts faisait complètement abstraction de toute inscription prénatale.
Mes infériorités théoriques m'ont amené assez tôt à dire que la boussole de l'analyste n'était pas ses connaissances intellectuelles, mais l'image de son corps, projetée dans le psychisme et manipulée par le langage, première approximation et début, à mon insu, d'une théorie du corps confortée, entre autres, par une rencontre fortuite avec Freud à l'occasion d'une anecdote citée par Géza Róheim: Un ethnologue raconte à Freud qu'il a observé une peuplade qui, contrairement à ses théories, n'a pas de problème avec l'analité. Freud de répondre: « Ah, ils n'ont pas d'orifice anal?! » Ce qui m'a amené à comprendre plus en profondeur la notion d'universalité des concepts freudiens et à me persuader, s'il était nécessaire, que l'objet de l'analyse n'était pas une quelconque pathologie mentale, mais bien la condition humaine.
L'influence de Melanie Klein via Serge Lebovici, René Diatkine, Spitz, m'a