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Annette Fréjaville se demande « pourquoi le jeune Sergueï a été troublé à la vue de Grouscha accroupie », et si ce trouble peut s'expliquer par le souvenir du coïtus a tergo, entrevu un an plus tôt. « Ce trouble est-il un effet de l'après-coup de la puberté et du transfert comme ce le fut pour Emma? Après-coup de quoi? »1
La reviviscence du souvenir de Grouscha accroupie ne s'est produite que tardivement dans l'analyse, et si elle se rattache à des événements passés, ce qui l'a déclenchée, c'est comme pour Marie-Madeleine, un fait actuel effractant l'espace transféro - contre-transférentiel, et le cadre.
Dans le cas de ma patiente, la porte ouverte à la volée a été refermée, et elle comme moi, avons pu à loisir poursuivre l'élaboration. Mais dans le cas de Sergueï, c'est « sous la pression impitoyable de l'assignation » d'une échéance qu'il fournit ce matériel. Le lion venait en quelque sorte de s'accroupir, pour ne bondir qu'une fois2 avant de disparaître.
Freud note avec une touche d'humour, d'autant plus noir qu'il est involontaire, que c'est à ce moment-là que revient « spontanément » le souvenir de Grouscha. Voici comment il l'introduit dans son texte:
« Un jour émergea dans la timidité et le vague, une sorte de souvenir: il y avait dû y avoir, très tôt, bien avant la bonne d'enfant (Nania), une jeune bonne d'enfant qui le chérissait. Elle avait le même nom que sa mère. Bien sûr il répondait à sa tendresse. Ainsi donc un premier amour évanoui. Mais nous tombâmes d'accord que quelque chose devait s'être alors produit qui acquit ultérieurement de l'importance. »