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Le débat concernant l'interprétation en psychanalyse ne date pas d'hier, et n'est certainement pas clos. Dans cette controverse, le grand livre de Ricœur1 marque un moment important. On aurait tort de sous-estimer l'impact, toujours actuel, de cet ouvrage, un des rares à avoir véritablement passé les barrières langagières qui s'opposent à la diffusion des idées psychanalytiques françaises, un des rares à être constamment cité comme une réflexion philosophique majeure concernant la psychanalyse.
Ce n'est pas dévaluer cet ouvrage monumental et profond, que d'affirmer qu'il ne propose pas une perspective allant au-delà de Freud, mais une tentative de réconciliation du freudisme avec des conceptions qui lui sont largement préexistantes. Plus précisément, il consacre le retour en force, au cœur de la problématique freudienne de l'interprétation, de la tradition classique, séculaire voire millénaire, qui est celle de l'herméneutique. Retour en force, mais qui n'est pas la première incursion de l'herméneutique dans la psychanalyse: cette première incursion, elle date explicitement de Jung et de Silberer et peut, au plus simple, être placée sous la bannière de l'interprétation « anagogique », celle qui ne se satisfait pas de décrire ce qui est ou a été, mais indique « un état ou un processus qui est à vivre ». Plus d'un passage de Ricœur viendrait à l'appui d'une telle filiation qui, à mon sens, n'implique aucune dévalorisation. Sans vouloir attribuer à Ricœur une