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Au cours de la soirée du 15 janvier 1991, dans sa conférence « L'interprétation entre déterminisme et herméneutique. Une nouvelle position de la question », Jean Laplanche s'emploie à promouvoir « la catégorie du message, du signifiant ». Il considère que les parents et autres adultes proches de l'enfant ne sont pas conscients de ce qu'ils disent et certainement pas de ce que leurs énoncés véhiculent. L'enfant, en sus de tenir son inconscient de l'autre (selon Lacan), métabolise à sa façon l'entendu et Jean Laplanche mentionne à cet égard sa Triebkraft, c'est-à-dire la source énergétique propre à l'enfant.
Il semble bien que l'inconscience variable de l'énonciateur, la singularité de la perception de l'auditeur ne nous échappent pas. Pour en fournir une illustration ramassée, il suffit de puiser dans nos lectures communes. Celle de Freud, lorsque, en 1914 puis en 1925, se penchant sur son passé de jeune adulte, il songe à certaines remarques de Breuer, Charcot et Chrobak datant de trente à quarante ans, qui auraient pu le conduire à la « nature sexuelle des émois en cause, simplement je ne saisissais pas où ils voulaient en venir. Ils en avaient dit davantage qu'ils n'en savaient eux-mêmes et ne pouvaient en assumer ». Il ajoute: « Ce que j'entendis sommeilla sans effet jusqu'à ce que l'occasion des investigations cathartiques provoque le surgissement d'une intelligence apparemment originale. » C'est avec émotion et gratitude que le lecteur reçoit, et je l'espère recevra dans l'avenir, cette lucidité qui inclut l'histoire de son avènement, sans que les vérités enfin appréhendées oblitèrent cette histoire, celle de la découverte psychanalytique toujours en reste d'acquisition. L' « après-coup - action différée », sujet prôné par l'argument préalable de Jean Laplanche et que je regrette de ne pas avoir entendu traiter par lui, aurait mérité une place dans son exposé.