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Dès que l'on cherche à faire intervenir la notion même de sujet en psychanalyse, on rencontre une difficulté dont on se rend compte qu'elle est consubstantielle à ce concept lui-même: l'impossibilité où l'on se trouve de lui assigner un statut métapsychologique. La notion de sujet est, comme par définition, hétérogène à la métapsychologie dans la mesure où elle subsume les différents aspects du fonctionnement psychique. Raymond Cahn a résolu cette aporie en envisageant la question du sujet à partir d'un processus de subjectivation, processus qui met en jeu l'ensemble du fonctionnement psychique.
De notre point de vue, le concept de « sujet » définit essentiellement une « position » de la personne, de l'individu, par rapport à autrui et par rapport à lui-même. C'est une éventualité, une potentialité du Moi, qui contribue à le construire et qui peut être recherchée ou refusée. Nous sommes amenés à la considérer comme précaire et révocable. Il est nécessaire qu'elle advienne pour que se développe un appareil psychique; cependant, à partir du moment où un appareil psychique existe, celui-ci peut esquiver, chercher à éviter la position de sujet. La « personnalité » continue alors à se développer dans un mouvement de contre-subjectivation, le moi adopte un comportement « anti-sujet »: plutôt néant que sujet. Le sujet se construit alors à contre-sujet, sur une « intentionnalité négative », pour reprendre ici l'expression de Green. La situation peut devenir celle que Valéry fait exprimer ainsi à « La jeune parque »: « Et moi, dure, debout, et de mon néant secrètement armée… »
Ces mouvements peuvent apparaître à tout moment de l'évolution psychique. L'un des aspects de ce travail de contre-subjectivation est le refus du sentiment de culpabilité et de ses conditions d'apparition. Adopter une position de sujet c'est se situer dans le champ de l' « attracteur œdipien », pour paraphraser M. Ody, et reprendre à son compte le vœu parenticide. Il faut pouvoir écrire, avec Ambrose Bie