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Que dire du « sujet » après la lecture du rapport de R. Cahn? Son parcours qui reprend celui de Freud et de ses successeurs ne tente jamais de réduire les oppositions, ni d'intégrer les contradictions; il reflète le mouvement de la chose même dont il traite, « ce sujet à la fois évident et introuvable », qui doit se perdre pour se retrouver autre et pourtant le même.
C'est une gageure de « rapporter » sur une notion aussi paradoxale: évacuée de la psychanalyse dont il n'est pas l'objet, le sujet serait « en filigrane » dans l'œuvre de Freud, nous dit R. Cahn qui, à l'aide de l'évolution de la philosophie de Descartes à Heidegger, examine l'idée qu'il y aurait une théorie implicite du sujet au cœur de la métapsychologie. L'histoire de la psychanalyse seraitelle parallèle à celle des autres disciplines? Sans doute, mais s'il est un sujet psychanalytique, il est fondamentalement différent du sujet de la philosophie, et l'intérêt d'en dégager le procès est, définitivement, un enjeu clinique.
R. Cahn part de ce paradoxe incontournable: si la psychanalyse décompose la personnalité psychique, Freud, quand il vient à désespérer de la thérapeutique, affirme qu'elle éclaire l'homme dans son être. Le rapport montre avec bonheur comment la thématique du sujet permet à l'analyse d'étendre ses limites et d'être thérapeutique. C'est en continuant à explorer les paradoxes sans les clarifier que la question s'élabore.
L'auteur prend en compte les problèmes du self et de l'identité sans rejeter la métapsychologie ou inventer une troisième topique. Il utilise le « grain de vérité » de chaque tendance de la psychanalyse non pour les intégrer à un modèle plus vaste. Il travaille les concepts comme les mouvements d'une cure. L'histoire de la psychanalyse devient ainsi un matériel qu'il élabore. La métapsychologie est remaniée mais elle demeure, l'identité de la psychanalyse supporte les transformations sans être dénaturée.
C'est là que l'écart entre psychanalyse et philosophie se mesure plei