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Dans le large panorama qu'il nous a proposé, R. Cahn nous a bien montré la diversité des entrées théoriques et les éclairages permettant de cerner le problème du sujet. En regard de cette complexité, le point de vue adopté dans les remarques qui suivent ne pourra apparaître que très partiel, et le sera nécessairement.
Je repartirai de l'un des points de la définition du sujet psychanalytique de R. Cahn, celui où il évoque la référence à l' « auto-appartenance » des idées, désirs, actes, sentiments, etc., ajoutant ailleurs que la finalité de la cure pourrait être de se les « réapproprier ». Ce terme de RÉ-appropriation implique l'idée d'une appropriation originelle, qui pourrait être considérée comme fondatrice du sujet.
Remarquons que la constitution du Moi procède elle aussi par appropriation, cette dernière rejoignant alors les notions d'introjection et d'identification (depuis l'identification primaire jusqu'aux identifications postœdipiennes constitutives du Moi-instance de la deuxième topique). On est donc ramené à la difficulté, si bien soulignée par R. Cahn, d'établir les limites conceptuelles et la distinction entre Moi et sujet.
Ce qui paraît particulièrement important pour la délimitation de la notion de sujet et sa différenciation de notions connexes (comme celles de Moi, soi, self, etc.), c'est de considérer le sujet comme une position plutôt que comme une entité. Or, une position ne saurait se concevoir autrement que dans une relation. Ainsi se trouve réintroduite la référence obligée à la relation d'objet. C'est bien en effet dans la relation d'objet, si l'on comprend cette dernière comme l'ensemble des relations internalisées du Moi et de ses objets internes, avec toutes leurs déterminations fantasmatiques inconscientes, que l'on peut saisir et repérer la (les) position du sujet.