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La notion de sujet est complexe. Elle est une, mais son unicité, toujours en train de se faire, inclut un certain nombre de concepts: celui de Je, celui de conscience, celui de moi et celui de corps et comme le sujet n'est pensable qu'en relation avec l'objet, celui d'identification.
Avant que le moi soit constitué, alors que le sujet est encore rudimentaire, il y a un Je qui coïncide avec tout ce que chacun éprouve et manifeste et c'est le cogito cartésien, en ajoutant que tout ce qui se passe dans le sujet s'il devient conscient apparaîtra estampillé de ce Je; c'est le postulat de la psychanalyse1.
Quand le Je se dévoile, quand la conscience l'éclaire, l'individu se sent être, et être comme l'origine absolue de sa présence à lui-même et au monde, c'est-à-dire de ses sensations, de ses perceptions, de ses volitions, de ses pensées et de ses actes. Et c'est la seule existence qu'il ne peut en toute rigueur mettre en doute.
C'est un sentiment de certitude, une expérience cardinale immédiate. Ce n'est pas une déduction, le donc du « je pense donc je suis » est de trop, Descartes à l'occasion s'en passe. Mais ce n'est pas non plus une représentation. Je peux me représenter ayant le sentiment de mon existence, et même me représenter me représentant ce sentiment, etc., mais l'éprouvé de cette conviction d'exister, de cette révélation, en soi, n'est pas une représentation2.
Le cogito ne se dédouble pas. Il est intransitif. Il n'émigre pas non plus. Il est bien là, pas ailleurs, pas nulle part comme d'aucuns tendraient à l'affirmer.