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A. R. Cahn, j'avais envie de rappeler que la notion de sujet s'origine, peut-être aussi, avant le mouvement philosophique du XVIIIe siècle, avant Hegel, deux siècles plus tôt, dans la littérature, et si l'on en croit M. Kundera, avec Cervantès, contemporain de Shakespeare, mort comme lui en 1616, blessé à la bataille de Lépante en 1571, à 24 ans et prisonnier alors pendant cinq ans des pirates barbaresques; il publie en 1605, la première édition de son Don Quichotte. Dans sa conférence de New York, L'héritage décrié de Cervantès, en 1983, Kundera avait attribué une origine conjointe au roman et aux temps modernes avec l'attention nouvelle portée à la dimension individuelle de la personne dans l'art et particulièrement dans la littérature.
A. R. Cahn comme à F. Ladame, je voulais citer une phrase de Kundera prononcée dans ces circonstances: « Quand Dieu quittait lentement la place d'où il avait dirigé l'univers et son ordre de valeurs, séparé le bien du mal et donné un sens à chaque chose, Don Quichotte sortit de sa maison et il ne fut plus en mesure de reconnaître le monde… l'unique Vérité divine se décomposa en centaines de vérités relatives que les hommes se partagèrent » (in L'art du roman, NRF, 1986). Il me semble que nous reconnaissons, dans ces mots, une problématique familière: celle des remaniements de l'Idéal du Moi, du Sur-moi et des perspectives nouvelles de l'Identification. Kundera ne nous parle-t-il pas ainsi également de la naissance de l'idée d'Adolescence quand son propos vise à souligner l'apport du roman à l'évolution des idées vers la considération accordée à l'individualité, à la subjectivité, dans notre culture occidentale?
Notre clinique, sa théorie, comme notre éthique font de nous, psychanalystes, également des défenseurs de l'individuel, au cœur des débats de ce