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L'exposé du rapporteur R. Cahn est très bon: il appelle, il permet un examen sans complaisance. En le lisant, en l'écoutant, m'est venue à l'esprit une série d'oppositions à l'image de celles qui abondent dans son texte. Celui-ci ne manque pas de chair mais il manque de peau; il ne manque pas de profondeur, mais il manque de surface; il ne manque ni de force ni de sens, mais il manque de lieux. En effet, la réflexion de Raymond Cahn progresse par oppositions binaires, jusqu'à sa conclusion qui joue sur deux notions, tradition et transcendance, qui ne sont pas psychanalytiques. Il néglige une caractéristique primordiale: être un sujet, c'est avoir la capacité de contenir ses pensées, ses affects. Les maladies de la désobjectivation qu'il a fort bien décrites sont des altérations, des exagérations, des destructions de la peau psychique.
Il s'agit bien de jeu: le modèle auquel R. Cahn recourt pour penser la psychanalyse en général, le sujet en particulier, est celui de l'espace transitionnel, où l'opposition binaire est posée et maintenue comme telle, sans que l'enfant à cette phase-là de son développement doive la résoudre dans un sens ou dans l'autre. L'objet est-il mis là d'avance par l'entourage, ou est-ce l'enfant qui le crée? En jouant matériellement avec l'objet, l'enfant joue dans sa pensée avec les deux possibilités. Ce type de pensée reflète le type de jeu qui le fonde: une pensée malléable, voire molle, qui en se moulant sur elles, juxtapose des qualités contraires. Une pensée œcuménique, qui gomme les antagonismes, qui retient toutes les possibilités, qui s'offre à former des compromis. Pour préserver son territoire, un pays est tiraillé entre deux tendances: les pacifistes, partisans de la négociation, les faucons, de la lutte. R. Cahn se présente comme une colombe: qu'il me permette de prendre pour un court moment le rôle du faucon.
Le mot de sujet apparaît dans la langue française au début de la Renaissance sous forme d'adjectif. Il dénote le résultat d'un