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L'analyse confronte un sujet parlant et un sujet écoutant. Raymond Cahn dans son rapport1 montre que l'analyse est le temps d'un échange, le temps d'une transformation dans un espace spécifique.
L'analyse est en effet un espace de transformation où le Je de l'analysant est en quête de lui-même, se construit et se reconstruit à partir des traces anciennes, des traces mnésiques, des souvenirs, des identifications et d'une élaboration dans le transfert.
Le Je de l'analyste est, lui, constamment remis en question par l'analysant, par le transfert, par le contre-transfert, d'où le danger de l'analyse pour l'analyste. Un vacillement du moi peut résulter de la pratique de l'analyse, d'où la nécessité de défenses particulières, le moi de l'analyste doit rester assez souple pour suivre le patient dans sa régression et assez fort pour ne pas y sombrer. Le moi de l'analyste doit, peut-être comme celui de l'artiste, décrit par Pierre Luquet2, avoir une flexibilité particulière.
Depuis Freud, on a lu, sous la plume d'analystes, des récits de cure écrits sans doute dans une visée de recherche scientifique, d'élaboration théorique et de transmission, mais l'élaboration de ces textes a aussi une fonction défensive, car l'écriture est une forme privilégiée de défense.