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Présence de soi - outil fou.
Je proposerai d'abord quelques réflexions issues de tout ce que m'a donné à penser le travail de R. Cahn dans sa richesse, sa diversité et sa remarquable ouverture à des théorisations multiples. Elles ont été aussi suscitées par un groupe de travail sur « le sujet » — et je remercie ici ceux qui l'ont animé avec moi — et alimenté en discussions fécondes1.
Nous étions partis de la constatation d'un hiatus entre le MOI-instance et le SOI: il semblait, bien que Freud ait utilisé le terme ICH dans des registres différents, qu'il fallait garder au MOI son statut d'entité métapsychologique — si bien que toute réflexion sur le SOI se situait ailleurs, sur le terrain de la phénoménologie, de la description clinique.
On a beaucoup critiqué et mis en cause cette notion de SOI. Pourtant, née des questions posées par la clinique des états limites, elle paraît aujourd'hui indispensable. Pourquoi ne pas tenter l'articulation de ces deux notions?
Je proposerai donc de considérer que le sujet est une notion qui englobe le MOI et le SOI: car ce dernier, investi de libido narcissique, dans la continuité-discontinuité de l'Ichgefiihl, les intermittences de la présence à soi sur un fond de permanence et d'unité constamment perdues et retrouvées — représentation globale que la personne a d'elle-même avec l'affect qui lui est lié — reste intimement lié et entièrement dépendant du travail du MOI sur les pulsions et leurs objets, et les identifications plus ou moins conflictuelles aux objets du passé et du présent.
Le risque, comme le fait remarquer R. Cahn reste que « le SOI n'apparaisse plus guère que comme une fonction du MOI, et donc le dernier (par sa caractéristique de leurre) auprès duquel une vérité sur SOI puisse être attendue ».