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Le sujet d'aujourd'hui, nous dit R. Cahn, est volontiers la proie d'un défaut dans son être, dans son identité, qu'il désigne du terme de « pathologie de la subjectivation ». Ces malaises de l'être, aliénations, évanescence ou fixations rigides, témoignent en partie de la difficulté conjoncturelle de notre époque à fournir un étayage idéal suffisant aux développements de l'identité. Mais de tous temps, la naissance d'un sujet qui ne soit pas le jouet de son destin n'a pas été chose facile: il lui faut accomplir un trajet périlleux, gardant souvent « la trace de l'indifférenciation primaire sujet-objet », ou « d'un fonctionnement refoulé en narcissisme primaire ». Elle commence dans la confusion. « Confusion des langues » ou confusion des origines, celle-ci est pour beaucoup dans l'Hilflösigkeit, l'impuissance ou la détresse originaire de l'être humain.
1 / Cette confusion originaire, n'est-elle pas évidente à la Naissance de la psychanalyse? Confusion des neurones dans l'Esquisse, où un quantum d'excitation s'agite, tel un électron inlocalisable gravitant dans le champ des atomes, semant la pagaille dans l'esprit du lecteur; celui-ci en effet, malgré tous les efforts de Freud, ne s'y retrouve pas parmi ces neurones phi, psy ou omega. Confusion persistante entre anatomie et psychologie, qui est sans doute la cause principale du rejet de ce texte par son auteur, tel un brouillon imprésentable en dépit de fulgurantes clartés1. De même, l'hypnose fut abandonnée à cause de la confusion des identités (qui est l'hypnotiseur?), des désirs et des résistances qu'elle favorise; comment distinguer en effet, dans ce « premier mensonge hystérique », la vérité de l'erreur? Ce n'est que peu à peu que les « esclaves de la quantité »2 de l' Esquisse pourront