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R. Cahn insisté dans sa conception du sujet sur l' « hétérogénéité et unité à appréhender d'un seul tenant », rejoignant dit-il « celle proposée par S. Wainrib, d'un sujet qui est précisément dans le jeu interne de sa multidimensionnalité ». R. Cahn nous montre le rôle unificateur du contre-transfert de l'analyste aux prises avec les pathologies de la subjectivation. Il m'est arrivé d'utiliser la métaphore de « l'éventail » pour illustrer la dynamique contre-transférentielle et son rôle dans l'émergence du « je ». « Objet d'aspect phallique, il fait les liens par ses pliures quand il est fermé, devenant parure féminine et écran contenant quand il se déploie, montrant les images colorées qui s'y dessinent. Dans son mouvement on peut percevoir une fonction de pare-excitations dans la chaleur torride du transfert. » Je m'interroge sur ce souffle rafraîchissant et qui n'a pas de nom, qu'il fait apparaître dans sa mouvance, permettant au « je » d'émerger. Lors de ma communication intitulée « La grand-mère dans le miroir », je racontais un rêve de contre-transfert déclenché par les angoisses d'anéantissement au cours d'une séance d'analyse. Ce rêve avait permis pour moi, comme pour ma patiente, les retrouvailles avec un narcissisme structurant, comme le bébé dans le miroir du regard maternel découvre en profondeur la multiplicité des reflets identificatoires venant de la génération précédente. Le contre-transfert ne fonctionne-t-il pas alors comme le miroir des « Ménines » de Velasquez. Je voudrais reprendre avec des illustrations cliniques les images contenues dans la métaphore de « l'éventail ». Il est des moments pénibles dans les cures, de traversée de désert, où peuvent coexister sentiment d'émiettement du matériel et de trop-plein d'agis empêchant le fonctionnement de la pensée analytique. Parfois même endormissement, sentiment confusionnel impromptu, voire d'évanouissement de la pensée nous angoissent. Nous sommes culpabilisés de vivre ces affects, culpabilisés du