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L'antagonisme entre la position de chacun des deux grands philosophes présocratiques: Héraclite pour qui tout est flux d'atomes en perpétuelle interaction et celle de Parménide affirmant l'Unité foncière de l'être sous l'illusion de la multiplicité et du changement, trouve un écho en clinique sous la forme de la tension entre l'angoisse de morcellement et la terreur de l'unité.
Ces affects fondamentaux induisent le comportement de l'individu par l'intermédiaire des représentations, particulièrement de celles qui parviennent à se plier aux « exigences de la figurabilité » énoncées par Freud à propos du travail du rêve. L'émergence du sujet décrite par R. Cahn, peut être observée sous cet angle dans la cure. A propos de quelques exemples, je voudrais évoquer la nécessité de se voir pour être.
Une collègue me racontait sa stupeur de constater l'augmentation brusque de l'angoisse chez une fillette de 9 ans, lors du changement de « niveau » d'une interprétation. Au cours d'une séance, l'enfant passait sans arrêt du récit d'un roman familial dans lequel ses parents l'avaient trouvée dans une poubelle et l'avaient emmenée avec eux à des jeux qui semblaient, dans le transfert, représenter des attaques d'objets partiels comme mettre en pièce une écorce d'orange, lacérer une petite boîte de lait; enfin, elle se laissa tomber par terre et ne bougea plus… La thérapeute cessa de parler avec elle des personnes (entières) engagées dans le roman familial pour souligner « sa crainte de s'effondrer par terre et de tomber en morceaux », elle comprit alors que contrairement à son intention, elle avait mis en relief l'unité de sa personne d'où l'accroissement de l'angoisse, l'axe du clivage intérieur/extérieur étant déplacé brusquement et les pulsions destructrices ramenées vers le sujet.