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Le rapport de Raymond Cahn, fruit de la démarche d'un psychanalyste qui a aussi accepté de se confronter à la vie institutionnelle, ouvre plusieurs « chantiers » à la réflexion de ceux qui sont soucieux de travailler la « pathologie de la subjectivation ».
Je souhaite relier ce travail aux publications de Benno Rosenberg concernant la pulsion de mort et le masochisme. Elles éclairent ce qui se déroule dans le contre-transfert en psychanalyse et les élaborations des actions des équipes soignantes avec les patients psychotiques et borderline.
Dans les cures, le psychanalyste se voit confronté à ses capacités d'analyse du contre-transfert quand l'identité du sujet est en jeu, plus particulièrement lorsque les capacités de représentation sont débordées par l'intensité de l'affect. Au moment où un mouvement de pensée ne trouve pas sa pleine figuration, il se produit souvent chez les patients borderline la recherche d'une souffrance. L'analyste risque de répondre par une intervention qui peut prendre la valeur d'une action sadique venant répondre à une attente masochique.
1 / J'évoquerai d'abord une situation où l'inconnu sur les origines m'a posé problème. — Pendant plusieurs séances j'ai éprouvé face à Paul, 14 ans, un sentiment d'inquiétante étrangeté engendré par son silence et notre malaise. Enfant adopté à huit mois par un couple parisien, il avait été trouvé dans un camp de réfugiés du Sud-Est asiatique. On pensait qu'il était d'origine chinoise et que sa famille avait disparu. Il ne pouvait parler et je me trouvais dans l'incapacité de formuler quoi que ce soit.
Au fil des séances, nous avons pu nous rencontrer, lui, ce garçon situé au milieu d'une abondante fratrie d'enfants adoptés par des parents avec lesquels il ne pouvait plus échanger, moi, le psychanalyste que ses parents lui avaient présenté.