You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Au terme de la mise au point conceptuelle du « sujet psychanalytique », R. Cahn doit admettre que ce dernier est mieux saisi dans ses failles ou dans son absence. Il envisage alors une vaste et profonde analyse de la pathologie de la subjectivation. Nous voudrions étudier ce point par l'exposé d'un tableau rarement cité, celui du mondain, d'où nous tirerons quelques conclusions confirmant l'analyse de R. Cahn, mais aussi certaines divergences par rapport à sa façon d'envisager la notion de sujet.
Si les analystes ne se sont pas intéressés à la psychologie du mondain, c'est probablement pour deux raisons:
1 / Il n'est d'une part que rarement considéré comme malade, et sa capacité d'insertion dans la réalité fait croire à un bon fonctionnement du moi, alors même que c'est précisément là que se trouve sa difficulté majeure.
2 / D'autre part, aucun analyste n'échappe au désir de devenir quelque peu mondain lui-même: il aimerait être entouré d'amis prestigieux, invité, estimé par beaucoup de gens.
Il est vrai que le mondain donne une impression de bonne santé et de bonheur, liée à ses capacités d'imitation et d'induction d'un sentiment esthétique. Doué pour éviter de heurter la sensibilité des autres, se rangeant facilement derrière l'avis du dernier qui a parlé, il peut être apprécié comme conciliateur ou diplomate, mais il risque de provoquer l'erreur; H. Deutsch, face aux personnalités « comme-si », et D. Winnicott, face aux personnalités en faux-soi, s'y sont laissés prendre. De quelques traits du mondain, la superficialité, l'artificialité, la volubilité, la curiosité et la discursivité, retenons l'hypertrophie de la perception au service au premier degré de l'avidité d'information concernant « son monde », et au deuxième degré, la recherche de modèles d'identification, point de départ de