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« Personne ne fait jamais de rêves insensés, qu'il veille, qu'il rêve, il s'agit toujours du même homme. »
Raymond Cahn a remarquablement approché la notion de sujet dans son rapport.
Mon expérience clinique avec les psychotiques m'a montré la pertinence de ces notions. Nous admettons que les psychotiques se manifestent à nous dans une approche au monde particulière.
Je tenterai de préciser quelques aspects de cette approche singulière par des exemples cliniques.
Si, dès le premier contact avec un patient tenant un discours délirant ou parsemé de propos délirants, on réussit à lui proposer une « transcription » de ce discours et qu'il l'accepte, il en naît un sentiment de communication avec un sujet.
Il s'agit bien d'une transcription et non pas d'une interprétation.
Mon vis-à-vis accepte que son dire lui revienne modifié par mon truchement, lui soit réfléchi dans une analogie à mon propre fonctionnement (cf. J. Gillibert) et lui permette de conserver sa différence. La distance, qu'il accepte entre « son sens » et « le mien », mesure aussi la distance avec laquelle il peut s'observer en tant que sujet. Cela montre que ce sujet conserve, parallèlement à son discours déformé pour nous et protecteur pour lui, la possibilité de retrouver une relation avec autrui. André Green a beaucoup insisté sur cette réflexivité constitutive du sujet dans son rapport à l'objet.