You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Au cours de la lecture du rapport de Raymond Cahn, « Du Sujet », m'est revenue une question longtemps restée en latence et qui m'a semblé trouver de précieux éclaircissements à partir des propositions de l'auteur.
La question est apparemment éloignée… du sujet! Elle tient à un débat difficile qui s'était engagé avec des étudiants en psychologie après une émission de télévision il y a quelques années. Dans cette émission, un couple de thérapeutes, jungiens me semble-t-il, exposait une théorie étiopathogénique et psychothérapique fondée sur la mort réelle in utero d'un frère jumeau.
D'après ces thérapeutes, il existerait un mal d'être incernable, causé par le traumatisme précoce d'une perte, d'une absence, renvoyant à la réalité de l'avortement spontané d'un crypto-jumeau pendant la grossesse du patient en cure, qui vivrait inconsciemment cette perte. Et par conséquent, le patient serait soulagé de son mal-d'être par la découverte en cure de cette réalité advenue.
Mes étudiants, qui ignorent la langue de bois, m'avaient fait remarquer qu'a priori cela n'était pas plus sot que le complexe d'Œdipe, par exemple, que cela leur paraissait assez conforme à la théorie freudienne et que de plus c'était efficace, puisque cela soulageait les patients, qui en témoignaient.
Je crois que j'avais dû reprendre les arguments de Freud réfutant Otto Rank, et conclure par une pirouette sur la violence que chacun de nous avait fait subir, par sa conception même, à quelques millions de spermatozoïdes dont il n'y aurait alors pas de raison de négliger un travail de deuil pour la perte de chacun…