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Le travail de Raymond Cahn sur le sujet ne peut que susciter notre intérêt et notre admiration, par l'extrême richesse et l'ampleur des questions abordées. Redoutable et périlleuse entreprise que la sienne, aux limites de la psychanalyse et de la philosophie! A l'ère de la mort du sujet chez les philosophes, certes située dans le champ de la conscience, s'est instaurée parallèlement chez les psychanalystes celle des interrogations sur le Moi, le Je, le Soi, le self, le sujet divisé, qui toutes prennent en compte l'inconscient, et donc devraient envisager une perspective métapsychologique, topique, économique, dynamique. R. Cahn a parcouru pour nous la plupart des théories tentant de rendre compte non pas tant des pathologies névrotiques auxquelles la conflictualité œdipienne imprime ses sceaux, que de ces nombreux tableaux cliniques dans lesquels les feux de la rampe éclairent des défaillances narcissiques, des limites floues, des pans de vide, et, tout particulièrement, des moments plus ou moins impressionnants, plus ou moins hémorragiques, d'indistinction sujet-objet.
C'est à l'étude de ce dernier registre que je me suis particulièrement attachée depuis un certain temps déjà, ma réflexion s'efforçant d'appréhender, de cerner non pas tant le sujet que ce qui, hors sujet, en entrave l'émergence. Car si le moi freudien est soumis à ses trois despotes, le Ça, le Surmoi, le Monde extérieur, le sujet n'aurait-il pas, quant à soi, à se dégager d'une quatrième tyrannie, celle du vampirisme, et de son mode d'identification propre, l'identification vampirique?
A cet égard, éloquentes me semblent les paroles prononcées par la patiente de R. Cahn, lorsque celle-ci évoque cette « transfusion ininterrompue de vous à moi, et de moi à vous » ou bien encore lorsqu'elle dit: « Si l'on débranche l'un, alors l'autre risque de mourir. » Plus significatifs encore sont ces propos si on les rapproche de ceux de la note qui fait référence à la mère de cette patiente: « Ma