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Des menaces visent l'être humain en tant que sujet et montrent la pertinence du thème de ce congrès. Elles viennent de l'extérieur, mais sont également internes. L'hommage rendu par Raymond Cahn au travail de Piera Aulagnier nous rappelle ses travaux sur l'aliénation et la tyrannie. L'histoire du mot, de la sujétion au roi à l'expression de la liberté de l'individu, décrit une libération, et nous pouvons nous demander si chaque homme n'a pas à en parcourir le chemin dans son histoire personnelle.
La première guerre mondiale a profondément marqué Freud et n'est pas étrangère à son élaboration de la seconde théorie des pulsions et de la pulsion de mort. Bion a gardé quant à lui les traces indélébiles de sa confrontation à l'expérience des combats et à l'absurdité de la mort. Mais la seconde guerre mondiale nous a depuis donné à voir, à une échelle effrayante, la spécificité d'attaques visant des peuples en tant que sujet et, de « boucherie », la guerre est devenue génocide. Nous avons vu aussi les états totalitaires s'acharner contre l'individu, intolérable sujet.
Mais, de même que la pulsion de mort vise d'abord la destruction de l'individu, avant d'être défléchie vers l'extérieur, il nous faut envisager les menaces qui pèsent du dedans sur le sujet en l'être humain. Lors du procès que le régime totalitaire instruit contre celui des siens qui se révolte, puisque la mort est certaine, pourquoi ce dernier finit-il par signer les « aveux » qui effacent son cri? N'est-ce que la lassitude de l'homme brisé, et la victoire de la pulsion de mort, ou ne peut-on mourir seul, dépossédé, séparé de cette puissance maternelle archaïque, même et surtout si elle exige un sacrifice humain?
A François Ladame, je poserais autrement la même question, à propos du suicide des adolescents. L'écart entre les conséquences réelles de l'acte et le mouvement