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Le dense et stimulant rapport de F. Ladame, inspiré par la métapsychologie et par deux beaux textes de psychanalyse appliquée de Freud servant d'illustrations cliniques, a le mérite de faire surgir les enjeux spécifiques de l'adolescence en les situant entre le rêve et l'action. Il m'a renvoyée aux cures psychanalytiques de patients adolescents ou jeunes adultes, dont certains ont fait antérieurement l'objet d'une recherche théorico-clinique ainsi que d'un article sur le « déni » [1].
Ces patients décrivaient l'entrée dans la période de l'adolescence comme « une descente aux enfers », « une traversée du désert », etc., période qui a été revisitée, réactualisée — et par certains côtés même, carrément découverte —, avec beaucoup de souffrance dans la cure. Deux modes de fonctionnement coexistent chez ces patients. Le déni, les clivages, les failles de la symbolisation, le narcissisme morbide, etc., occupent la plus grande partie de la scène analytique au début, coexistant, mais s'exprimant en alternance, avec un fonctionnement névrotico-normal qui, chemin faisant, prend le pas sur le premier mode de fonctionnement. Quand la période de l'adolescence est revisitée dans la cure, ce qui me frappe, c'est la force avec laquelle certaines perceptions « ici et maintenant » (dans la séance et surtout en dehors) sont négativées, en faveur d'un investissement particulier que reçoit le délire intérieur, réactualisé et projeté à la place du réel.
Avant de présenter la vignette de ma patiente, arrêtons-nous un instant à l'illustration clinique qu'a choisie François Ladame, ainsi qu'à l'hallucination négative…
Norbert a négativé la perception de Zoé qu'il a croisée dans la rue, absorbé qu'il était à (sur)investir son délire incestueux et ses hallucinations privées, La Gradiva.
On pourrait supposer que le terme d'hallucination négative a été utilisé par Freud avant sa découverte du déni du fétichiste et du clivage du moi pour rendre compte de cette coexistence de deux registres de foncti