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C'est bien une passion qu'on voit à l'œuvre, d'un bout à l'autre de ce bel ouvrage : celle qui anime Jean Cournut, comme psychanalyste, dans sa quête du facteur énergétique et quantitatif au sein de la Métapsychologie freudienne. L'œuvre de Freud est par lui scrutée, commentée et illustrée, sans relâche, selon ce paramètre posé comme primordial. « Le quantitatif, ombilic de l'économique » est un maître mot de ce lecteur passionné de Freud — qui conclura son livre sur cette passion même.
Mais une autre qualité de ce travail est sa valeur de témoignage : c'est toute une pratique d'analyste qui s'y donne à lire, parfois très en détail et avec beaucoup de créativité, au travers d'une bonne trentaine de cas personnels. C'est avant tout aux limites du praticable que J. Cournut choisit d'illustrer la question du quantitatif : lorsque se produit dans la cure, dit-il, ce déchaînement énergétique submergeant le patient sur le mode traumatique et rendant le travail d'élaboration mentale de celui-ci (et celui de l'analyste) presque impossible.
C'est ce « trop » d'énergie excitante que l'auteur choisit quant à lui de qualifier de « passionnel ». « Ce trop de force, dit-il, ce reste d'énergie libre, non encore liée mais devant l'être en urgence, c'est la passion. » On voit que ce terme clé de l'ouvrage n'est pas à entendre dans le sens d'un désir exacerbé et d'autant plus organisateur de l'activité du sujet (comme chez l'auteur) mais plutôt dans le sens, étymologique, de souffrir, subir, pâtir. Il s'agit, nous dit-il, « d'excitations anciennes » qui ont eu « une force telle qu'elles ont empêché la mise en figurabilité ».
Le sous-titre, Névroses du trop, névroses du vide, résume bien la vision métapsychologique