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Janine Altounian dont les grands-parents et les parents ont été victimes du génocide arménien par les Turcs nous donne un livre émouvant, un témoignage passionnant et un document historique précieux pour l'histoire du peuple arménien et les incidences psychiques d'un génocide.
Le livre a une structure éclatée, il s'agit d'une série d'articles écrits à différentes époques sur des thèmes divers mais toujours dans le cadre du drame arménien. Cette structure reflète l'éclatement psychique des enfants et des petits-enfants des victimes du massacre, orphelins, exilés, privés de leur langue, tellement traumatisés qu'ils ne pouvaient parler à leurs propres enfants.
Janine Altounian a retrouvé un jour le journal que son père rédigea, probablement peu après son arrivée en France, en 1921. Il relate les événements qu'il a vécus de sa quatorzième à sa vingtième année.
J. Altounian dit qu'elle connaissait l'existence de ce document, mais qu'elle n'a jamais voulu le lire du vivant de son père. « Il était irrecevable, je n'osais l'approcher, comme si cette bombe avait pu exploser entre mes mains. Il me demeura donc illisible. C'est seulement huit ans après sa mort, en 1978, que je me sentis en mesure de l'affronter et le fis traduire. » C'est encore plus tard qu'elle se décida à le faire publier « après l'effraction violente, par le premier acte “terroriste” arménien spectaculaire, du silence de l'opinion publique sur le génocide des Arméniens (prise d'otages au consulat général de Turquie en septembre 1981). Sans la détermination désespérée que des Arméniens vivants osaient scandaleusement proclamer, j'aurais ressenti ma démarche comme une profanation des morts ».