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Dans la formation psychanalytique d'aujourd'hui, la théorie est toujours mentionnée en dernier et son rôle toujours minimisé par rapport à l'analyse personnelle et aux supervisions. On s'en méfie et on voit en elle une source de résistance, surtout quand il s'agit de celle des auteurs avec lesquels on est en désaccord. Tout analyste est investi d'un pouvoir imaginaire (par le transfert) et d'un pouvoir réel (par sa position occupée dans l'institution). Un troisième pouvoir — symbolique — dont l'influence n'est pas moindre, est conféré à l'analyste théoricien. Or le corpus de Freud s'est fragmenté après sa mort en un certain nombre de sous-systèmes qui se disputent la prééminence et où il est difficile de discerner l'innovation véritable de néo-formations dont le rôle est de cautionner des alternatives au caractère trop insupportable de la vérité analytique.
Seul le temps peut faire justice des tentatives pour étouffer les nouvelles idées qui dérangent et pour démontrer le caractère fallacieux de certaines conceptions qui ont bénéficié de l'attrait de la nouveauté.