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Le concept de limite sollicite les métaphores spatiale et temporelle dans la mesure où la limite, par définition, est un tracé de démarcation et l'ouverture d'un champ d'exploration. Le concept de seuil inscrit la limite dans un processus évolutif et complète en ce sens une réflexion sur la limité.
La pensée de Freud dès ses premiers écrits, dès l'Esquisse, est habitée par le concept de limite : le concept de barrière de contact ne nous mène-t-il pas vers des concepts développés ultérieurement par l'introduction du préconscient et du moi ? Le moi n'organise-t-il pas des barrières défensives formant par excellence des limites dans la structuration de la psyché ? Il est intéressant de considérer que les processus de liaisons sont inséparables précisément du travail que le moi effectue avec les limites et les seuils : limites intrapsychiques mais limites le séparant de l'objet ; seuils de tolérance du moi où la dimension traumatique associée à l'excès de l'excitation, au rapport entre l'impact de cette dernière et la capacité de la recevoir, place le moi en face d'un problème économique. Problème qui associe le temps à l'espace puisque les seuils d'intensité, les variations énergétiques sont fonction de l'un comme de l'autre.
La question se pose du remaniement des limites, de la souplesse de ces dernières comme fondamentalement associés à l'émergence des capacités de symbolisation de la psyché. Une limite qui sépare et sollicite en même temps la liaison des éléments qu'elle maintient écartés, de telle sorte qu'elle fonde sa propre durée grâce au travail de symbolisation qu'elle a ainsi inauguré.
L'analyste ne doit-il pas être le lieu de cette double perspective sur la limite ? Butée et ouverture. Travail autour des seuils à partir desquels son patient et lui-même se perçoivent préconsciemment et inconsciemment dans leurs capacités de modifier leurs limites internes, sous le garant d'une permanence, celle du cadre. C'est à partir d'une telle réflexion que pourrait peut-êtr