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L'organisation perverse est d'abord définie, au-delà des modalités comportementales sexuelles, en termes économiques, topiques et dynamiques : stupeur traumatique, déliaison pulsionnelle et disruption de la cohésion des instances psychiques face à l'altérité maternelle sexuée, qui suscite une angoisse de désintégration débordant la castration pour concerner la globalité de l'autoreprésentation identitaire ; solution défensive intermédiaire entre névrose et psychose, où le moi clivé oscille entre déni et reconnaissance de la différence des sexes, et où l'agir compulsionnel, en relançant le commerce objectal grâce à la surérotisation fétichique du non génital, cherche — par-delà le plaisir orgastique — à maîtriser la destructivité interne désorganisante par le maintien d'une représentation d'intégrité et d'idéalité réciproques avec la mère.
Deux cas sont rapportés afin d'illustrer les figures extrêmes du champ clinique, situées respectivement aux frontières de la névrose ou de la psychose, selon que le risque de désorganisation se circonscrive de manière prevalente à l'effondrement du moi idéal ou s'étende à l'éclatement du moi-instance. Dans les deux éventualités, la cure entraîne un profond remaniement des investissements pulsionnels et identificatoires précoces, à partir desquels quelques hypothèses sont avancées quant aux distorsions des assises narcissiques du moi préœdipien.