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« S'il est une leçon que j'ai apprise au cours de ma vie d'analyste, c'est que ce que mes patients me racontent a de grandes chances d'être vrai — qu'à maintes reprises, quand j'ai pensé avoir raison et que mes patients avaient tort, il s'est avéré, bien que souvent après des recherches prolongées, que ma vérité était superficielle, alors que la leur était profonde. »
Les efforts entrepris pour formuler les fondements théoriques d'une science psychanalytique de l'expérience humaine nous ont conduits à cristalliser deux idées fondamentales comme principes directeurs prévalants. L'une, le concept d'un champ intersubjectif est le premier objectif qui préside à cet ouvrage. L'idée d'un système de mondes subjectifs organisés chacun de manière différente et en interaction, est essentielle, nous l'avons montré, pour comprendre et les vicissitudes de la thérapie psychanalytique et le processus du développement psychologique de l'être humain. L'autre idée fondamentale est le concept de concrétisation — encapsulation d'expériences organisées par des symboles sensorimoteurs concrets. Dans un précédent ouvrage (Atwood et Stolorow, 1984), nous avons vu que ce concept éclairait une série de phénomènes psychologiques divers, symptômes névrotiques, objets symboliques, mises en actes sexuelles ou autres, et rêves. Nous croyons, que, du point de vue psychanalytique, toutes les formes de psychopathologie doivent être comprises en relation avec les contextes intersubjectifs spécifiques dans lesquels ils surgissent. Une grande variété de symptômes psychopathologiques sera dès lors caractérisée comme symboles concrets